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Que doit-on inclure dans un MVP (Minimum Viable Product) ?

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Question
Que doit-on inclure dans un MVP (Minimum Viable Product) ?
Photo du profil de Yves PeynaudYves Peynaud Équipe a demandé il y a 4 mois

Cette question revient souvent : que doit inclure ce fameux MVP, ce Produit Minimum Viable cher au Lean Startup ? Est-il préférable d’y mettre très peu de fonctionnalités et de le lancer très tôt sur le marché (au risque qu’il n’intéresse personne) ? Ou vaut-il mieux attendre pour développer certaines fonctionnalités très innovantes qui le démarqueront (au risque d’arriver trop tard ou « à côté » de son marché) ?

1 Réponses
Meilleure réponse
Photo du profil de Yves PeynaudYves Peynaud Équipe a répondu il y a 4 mois

Il faut effectivement trouver le bon équilibre entre lancement rapide et produit « décoiffant ». Si l’on raisonne en termes de fonctionnalités, il y a peu de chances qu’on trouve cet équilibre par miracle.

Rappelons l’objectif d’un tel MVP : comprendre si le marché que l’on vise est intéressé par un tel type de produit, et notamment si le rapport bénéfice du produit / coût d’acquisition est suffisamment attractif pour prétendre à une forte traction (une croissance rapide).

Il ne faut donc pas raisonner en termes de fonctionnalités mais en termes de besoins clients/utilisateurs. Il faut pour cela avoir fait un premier travail (de positionnement marché) qui consiste à définir le problème que notre offre va résoudre pour certaines cibles (clients et/ou utilisateurs).

En effet, une erreur classique consiste à lancer un produit avec certaines fonctionnalités en espérant que cela va permettre d’éclairer les cibles, c’est à dire de comprendre qui peut vraiment en avoir besoin. Donc sans avoir fait d’hypothèse préalable sur les clients/utilisateurs ni sur leurs besoins. Sauf coup de chance extraordinaire, cette démarche est vouée à l’échec car le produit n’éveillant pas vraiment d’intérêt au début, elle aboutit immanquablement à rajouter petit à petit des fonctionnalités en espérant augmenter la valeur du produit pour obtenir cette fameuse traction du marché.

Dans la pratique, c’est tout l’inverse qui se produit : on rend alors le produit de moins en moins utile et lisible et sa valeur pour chaque type de cible est diluée au lieu d’être augmentée. Au minimum, on perd beaucoup de temps et d’argent (et d’énergie) et au maximum, on va dans le mur. De plus, sans idée préconçue sur les bonnes cibles, il est impossible de savoir quoi inclure dans le MVP, à part par pure intuition.

On est donc condamné à imaginer a priori quelles seraient ces bonnes cibles (clients et/ou utilisateurs), et pour cela il est nécessaire de bien cerner le(s) problème(s) qu’on peut résoudre grâce à notre innovation. Et de s’attacher à trouver les cibles pour lesquelles ce problème est extrêmement aigu. (C’est le sujet du sprint #1 des programmes d’accélération Launchtrack.)

Quand on a identifié des cibles potentielles ayant un problème que notre offre peut résoudre, on a bien avancé pour définir alors le positionnement produit : quels bénéfices clients uniques peut-on offrir que les solutions concurrentes (qui résolvent plus ou moins le même problème pour les mêmes cibles) ne peuvent pas offrir ?

La réponse à cette deuxième question nous informe très utilement sur ce que nous devons inclure dans notre MVP : un minimum de caractéristiques (fonctionnalités, ergonomie…) qui démontrent clairement aux cibles visées le type de bénéfices que nous allons apporter avec notre offre. Nul besoin de résoudre complètement le problème avec ce MVP, mais il faut le plus rapidement possible mettre sur le marché ce qui va être un « démonstrateur » des bénéfices uniques que nous allons à terme apporter avec un produit complet, qui sera très fonctionnel.

De façon générique, il faut donc inclure dans notre MVP un minimum de caractéristiques démontrant que nous pouvons résoudre un problème des cibles que les autres solutions disponibles ne peuvent pas (facilement ou à coût comparable) résoudre. Le MVP doit donc être porteur de la Vision que l’innovation porte, et ceci dès sa toute première mise sur le marché.

Une méthode pour cerner plus précisément ces caractéristiques est d’utiliser la technique « des cas d’usage prioritaires » (sprint #4 des programmes Launchtrack) : imaginer les cas d’usage les plus fréquents des cibles et proposer quelques fonctionnalité très utiles et différenciantes pour ces cas d’usage. C’est une démarche clairement centrée sur l’expérience vécue par les utilisateurs (UX).

Ces premières caractéristiques auront ainsi toutes les chances de permettre à nos utilisateurs cibles d’imaginer la vision plus complète portée par le produit. Et ainsi non seulement de susciter leur intérêt immédiat mais également leur retours par rapport à cette vision, et de rentrer en interaction avec nous pour co-développer plus complètement le produit, à la fois selon notre vision et selon leurs souhaits.

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